Open Banking

De l’Open Banking à l’Open Finance : quelles différences ?

L’Open Banking agite le monde bancaire européen depuis 2015. Alors que cet écosystème ouvert devient une réalité surtout depuis 2019, une nouvelle notion apparaît déjà : l’Open Finance, qui propose d’aller un cran plus loin que l’Open Banking. Quelles sont les différences entre les deux ? Quelles sont les implications de l’Open Finance, pour les entreprises et les consommateurs ? Nous vous expliquons tout dans cet article. 

1. L’Open Banking, le pré-requis de l’Open Finance


1.1. Pourquoi l’Open Banking a-t-il été institué ? 


La première directive sur les services de paiement en Europe a été adoptée en 2007, avec une mise en place en 2009 par les pays membres. Cette DSP1 a amorcé l’ouverture des services bancaires et financiers, en permettant notamment la création de prestataires de paiement (PSP). 

Cependant, malgré ces premières lignes directrices, les services bancaires étaient centralisés dans les mains des grands acteurs historiques (les banques). Les barrières à l’entrée pour les nouveaux entrants étaient très élevées. Afin de faciliter la concurrence sur les marchés bancaires et financiers, une deuxième directive européenne sur les paiements a vu le jour en 2015, avec une mise en place effective en 2019. Il s’agit de la DSP2

Son but est simple : garantir un accès équitable et ouvert au marché des paiements à tous les acteurs, notamment aux fintechs, nouvelles entrantes sur le marché. Ce cadre réglementaire permet par ailleurs de renforcer la protection des consommateurs et de leurs données. 


1.2. Qu’est-ce que l’Open Banking ? 


Parmi les notions introduites par la DSP2, on retrouve l’Open Baking, qu’on peut traduire par “monde bancaire ouvert”. Concrètement, l’Open Banking permet l’ouverture des données bancaires des consommateurs. Alors que seules les banques y avaient accès auparavant, il est désormais possible à des acteurs tiers d’avoir accès aux données des banques sur les consommateurs. 

La DSP2 vient encadrer le développement des nouveaux services financiers, propulsés par les fintechs notamment. Ces startups renouvellent l’offre de produits et services existants, en se concentrant sur l’expérience utilisateur. 


1.3. Comment fonctionne l’Open Banking ? 


Dans la pratique, comment les données transitent-elles entre les banques et les autres acteurs financiers ? Ce sont les APIs Open Banking, ou APIs DSP2, qui le permettent. Ces interfaces permettent à deux programmes informatiques de se connecter et d’échanger des informations. 

Deux applications sont majoritaires parmi ces APIs DSP2, qui permettent de récupérer des données et/ou d’effectuer des actions sans être connecté à l’espace de sa banque : l’agrégation, qui automatise la collecte des données bancaires des clients, en temps réel et en continu, et l’initiation de paiement, qui permet d’effectuer des virements, directement dans des applications tierces.  

L’Open Banking représente un vrai tournant dans le monde bancaire. D’une part, les produits et services sont plus centrés que jamais sur les clients et leur expérience, qu’il s’agisse de particuliers ou de sociétés. D’autre part, la gestion bancaire quotidienne est simplifiée, de nombreuses tâches chronophages sont automatisées. Les champs d’application sont nombreux (comptabilité, crédit, connaissance client...). Un mouvement de fond qui pourrait être élargi à l’ensemble des services financiers avec l’Open Finance.  


2. Dépasser l’Open Banking avec l’Open Finance


L’Open Finance représente la prochaine étape d’Open Innovation dans le monde financier et est la suite logique de l’Open Banking. 


2.1. Qu’est-ce que l’Open Finance ? 


L’ouverture du monde bancaire permise par la DSP2 s’applique uniquement aux comptes de paiement. Tous les autres services financiers sont pour le moment exclus de cet écosystème ouvert (en Europe). 

L’Open Finance désigne justement l'ouverture des données de l’ensemble des services financiers, quelle que soit leur typologie. La concurrence ne se fait plus seulement entre banques et nouveaux acteurs financiers, mais aussi avec les fournisseurs de cartes de crédit/débit, les activités de crédit et d’épargne, etc.

C’est déjà une réalité dans certains pays, comme l’Australie. En Europe, en revanche, c’est une notion qui en est encore à ses balbutiements. En Grande-Bretagne, le régulateur (FCA) a mis en place une consultation sur le sujet en décembre 2019. Particuliers, professionnels et spécialistes du secteur avaient l’opportunité d’y contribuer jusqu’en octobre 2020, pour communiquer leurs attentes et craintes par rapport à l’Open Finance. 


Du côté de la France, les régulateurs sont pour le moment réservés sur le sujet. Dans un rapport datant de juillet 2020, l’AMF (Autorité des marchés financiers) indique : 


“Sur le sujet de l’open finance, du partage des données, l’AMF présente les raisons pour lesquelles elle estime qu’une généralisation de la portabilité des données au sein du secteur financier serait prématurée, tant que n’ont pas été évaluées les conséquences de la deuxième directive européenne sur les Services de Paiement (DSP2).”


2.2. Quels sont les bénéfices et les risques de l’Open Finance ? 


L’Open Finance aurait les mêmes avantages que l’Open Banking : favoriser le développement de nouveaux produits et services financiers grâce aux données collectées d’une part, et d’autre part, une gestion financière simplifiée pour les clients. 


Si toutes les données financières liées à un individu ou à une entreprise sont centralisées dans une seule interface, cela permet de donner accès à une vue holistique de sa situation financière. Un avantage non négligeable pour le client final : en un coup d'œil, il aurait une visibilité sur tous ses produits et services financiers, de façon claire et simplifiée. 


Pour les fournisseurs de services financiers, cela signifie qu’ils pourront avoir accès à des données bien plus nombreuses sur leurs clients, et donc identifier leurs préférences et leurs besoins plus finement. On peut imaginer le développement de services sur-mesure, vraiment adaptés aux comportements et besoins effectifs de chaque client, avec une probable réduction des coûts globaux. 


Avec l’Open Finance, la plateformisation des services financiers devrait être poussée encore plus loin : le but sera de devenir l’interface de référence, le “one-stop shop”, des clients. Les consommateurs finaux, qu’ils soient des particuliers ou des entreprises, reprennent le pouvoir sur leurs données avec l’Open Finance, en choisissant avec qui les partager. 


L’Open Finance bénéficierait à la fois aux consommateurs et aux acteurs des services financiers, comme l’Open Banking. Un constat à moduler par un risque important : la fraude. Si toutes les données des clients sont rassemblées dans un seul service, cela attire les convoitises. Les tentatives de fraudes devraient augmenter significativement. Il faudra donc mettre en place une vraie stratégie de cybersécurité, avec des protocoles de protection encore plus efficaces, pour garantir la sécurité des données. 


L’autre nuance à apporter concerne le “tout donnée”. Même si le client dispose de l’ensemble de ses informations agrégées dans une seule interface, cela ne fait pas de lui un expert des services financiers. Bien sûr, cela peut l’aider à prendre des décisions plus éclairées. Mais les données seules ne sont pas toujours suffisantes pour effectuer des choix pertinents dans sa gestion financière. Pour que l’Open Finance soit un succès, en parallèle de l’automatisation et de la simplification des processus, il faudra revaloriser l’apport du conseil financier aux clients. 


2.3. Quels sont les cas d’usage de l’Open Finance ? 

Tout comme l’Open Banking, l’Open Finance pourra avoir des cas d’usage multiples. Attardons-nous sur trois d’entre eux : 

  • L’automatisation de la gestion financière : toutes les données d’un utilisateur sont disponibles dans une seule interface. Grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning, il est possible de définir des algorithmes qui reconnaissent les comportements des utilisateurs pour pouvoir les reproduire automatiquement eux-mêmes. On peut aussi penser qu’ayant accès à toutes les données financières en continu et en temps réel, des choix financiers pourront être automatisés, par exemple des déplacements de fonds vers le service offrant le meilleur taux à un moment T.
     
  • La comparaison simplifiée des offres disponibles sur le marché : de nouveaux services pourront se développer afin de proposer une comparaison simplifiée des produits financiers pertinents pour un client donné. Avec l’Open Finance, finis les comparatifs standards, ils pourront être personnalisés au maximum grâce à toutes les données disponibles de l’utilisateur. 
  • Le scoring et l’octroi de crédits : l’Open Banking permettait déjà d’améliorer et d’accélérer le scoring et l’octroi de crédits. En multipliant les données disponibles, l’Open Finance offrira encore plus d’efficacité sur ce sujet. 


L’Open Banking était la première brèche dans le monopole des grands acteurs historiques des services financiers. L’Open Finance en est la suite logique. Si elle n’est pas encore institutionnalisée par les régulateurs, il ne fait pas de doute qu’elle sera l’avenir du secteur. Il est fort probable que d’ici quelques années, on assiste à une ouverture encore plus large, qu’on peut appeler l’Open Data : l’ouverture des données financières vers des acteurs non financiers. 

Avant d’en arriver là cependant, il faut commencer par la première brique de l’innovation financière : l’Open Banking. Si vous n’avez pas encore mis en place d’APIs, c’est le moment de rejoindre les acteurs financiers les plus innovants.


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